
On peut voir dans la capitale moldave une statue représentant la célèbre louve allaitant Romulus et Rémus. La présence de ce monument trouve son explication dans l'incription qu'il comporte : "De la Roma venim" - "Nous venons de Rome". Tout comme sa voisine roumaine, la Moldavie a été très tôt romanisée. Sa langue, très proche du Roumain, et sa culture témoignent jusqu'à nos jours de cette colonisation.
La situation géographique de la Moldavie, placée sur l'une des principales voies de communication européennes, a vallu à ce pays de connaître une Histoire mouvementée. Principauté indépendante, le pays appartenait depuis le 16e siècle à l'empire ottoman et a connu sous la dynastie des Bessarabes un grand épanouissement culturel. La Moldavie est annexée par la Russie en 1812 et reçoit le nom de Bessarabie. Devenue indépendante après la chute de l'empire tsariste, la Bessarabie se rattache au Royaume de Roumanie. 1924 marque la naissance de la République soviétique autonome de Moldavie, à l'est du Dnjestr (Transnistrie), tandis que la majeure partie du pays demeure roumaine. La Roumanie doit céder la Bessarabie à l'Union soviétique en 1940. La République soviétique de Moldavie résulte de l'union avec la Transnistrie.
La Moldavie se déclare officiellement république indépendante en août 1991. La langue moldave avait déjà été réintroduite en tant que langue administrative deux ans auparavant. L'écriture cyrillique est supprimée et les caractères latins à nouveau utilisés. Une mesure qui provoque le mécontentement des minorités ukrainiennes et russes et entraîne des tensions dans la région située à l'est du Dnjestr, majoritairement peuplée de Russes et d'Ukrainiens. L'octroi, en 1994, d'une très large autonomie permet de mettre fin à cette agitation. Le Sud du pays, où est parlé le Gagaouze, langue de la même famille que le turc, reçoit également son autonomie. Le gouvernement s'efforce, par l'intégration au plus haut niveau de l'état des différentes minorités, de prévenir de nouveaux conflits.